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Presbytère Saint-Charles-Borromée / Évêché de Joliette

Fiche descriptive du bâtiment

Nom du bâtiment : Évêché de Joliette
Numéro civique : 2
Rue : Saint-Charles-Borromée Nord
Date de construction : 1878-1880
Fonction d’origine : Presbytère
Fonction actuelle : Évêché
Revêtement extérieur : Pierre
Concepteurs : Père Joseph Michaud (architecture) et Martin Dangeville Dostaler (entrepreneur)

Architecture
Depuis sa construction en 1880, d’après les plans du Père Joseph Michaud, C.S.V., le presbytère de Joliette a été modifié à plusieurs reprises par des architectes réputés. Son style architectural a évolué au cours de son histoire, ce qui rend sa valeur patrimoniale encore plus importante.

L’évêché de Joliette est un bel exemple d’une architecture religieuse dite « classique ». Les matériaux utilisés (pierre à bossage, pierre de taille, bois et métal) et les divers éléments ornementaux sont typiques de ce type d’architecture. L'édifice se caractérise par un plan en forme de « L » incliné à 90° et prolongé, du côté sud-est, par une abside à pans coupés.

Le bâtiment est construit en pierre à bossage et orné par de la pierre de taille aux angles et autour des ouvertures. Le soubassement en pierre à bossage, plus grossière que celle utilisée pour l’élévation des murs, est surhaussé et coiffé d’un large bandeau en pierre de taille. On retrouve à l’arrière du bâtiment principal une annexe en brique de facture beaucoup plus modeste.

Les ouvertures sont disposées de façon régulière. Les fenêtres, à multiples carreaux, sont en arc surbaissé au premier étage, cintrées au deuxième étage et rectangulaires au troisième. Ces fenêtres étaient autrefois garnies de battants, mais ces derniers ont été retirés lors des travaux de réfection réalisés en 1953.

L’édifice est doté de plusieurs éléments ornementaux, à la fois sobres et élégants : une corniche moulurée, des balconnets, des chaînes d'angle et un fronton cintré à base interrompue au sommet de l'avant-corps central du presbytère paroissial (partie de gauche). La façade de l’évêché (partie de droite) est garnie de pilastres monumentaux, d’une frise portant l'inscription « MCMIV ANNO IVBILAEI MCMLIV » et d’un couronnement sculpté où l’on retrouve les armoiries de Mgr Joseph-Arthur Papineau, avec sa devise « SEMPER AD DOMINUM ».  L’entrée principale est formée d’une porte vitrée à double vantail et à imposte, garnie de grilles en fer forgé.

Historique
La paroisse Saint-Charles-Borromée du village d’Industrie est érigée canoniquement le 23 décembre 1843. Au cours de l’été 1847, on entreprend la construction d’un premier presbytère, situé à proximité de la première église (érigée en 1842), mais peu de temps après, le curé de la paroisse, Antoine Manseau (1787-1866), se plaint que le bâtiment est inadéquat. Le 4 février 1850, Barthélemy Joliette (1789-1850) fait don à la Corporation épiscopale catholique romaine de Montréal de la terre où se trouvent l’église et le presbytère de la paroisse.

Pendant la messe de Noël du 25 décembre 1877, le Père Pascal Drogue Lajoie, C.S.V. (1826-1919), curé de la paroisse, annonce son intention de demander la signature des propriétaires fonciers pour obtenir de l’évêque de Montréal l’autorisation de construire une nouvelle église et un nouveau presbytère. Toutefois, deux semaines plus tard, le Père Lajoie décide de repousser d’un an les travaux de construction de l’église et du presbytère. Principal obstacle : les résidents de la campagne considèrent que le fardeau financier qui leur est imposé est trop élevé.

En octobre 1878, on assiste au début des travaux de construction du nouveau presbytère. Architecte : Père Joseph Michaud, C.S.V. (1822-1902); entrepreneur : Martin Dangeville Dostaler (1846-1915); caractéristiques du bâtiment : 42 pi x 65 pi; trois étages, avec soubassement; revêtement extérieur: pierre à bossage et pierre de taille; toit à quatre versants, recouvert de tôle. Les fondations sont creusées et la pierre, extraite de la carrière de la rivière L’Assomption, est amenée progressivement sur le site. En avril 1879, une demande de soumission est publiée pour la construction du nouveau presbytère. Le période de soumission se termine le 15 mai. Les plans ont été dressés par le Père Joseph Michaud, C.S.V., professeur au Collège Joliette. Le contrat de construction est accordé à Martin Dangeville Dostaler, architecte-entrepreneur de Joliette.

Interrompus pendant l’hiver, les travaux de construction reprennent au printemps 1880. En mai, le Père Cyrille Beaudry, C.S.V. (1835-1904), note dans les annales du collège : « […] le bruit du marteau des charpentiers, élevant de nouvelles constructions, se fait entendre au loin. » Selon le témoignage du Père Beaudry, « le nouveau presbytère est habité pour la première fois » le 26 octobre 1880. La bénédiction du nouveau presbytère a finalement lieu le 9 novembre 1880 en présence de Mgr Édouard-Charles Fabre (1827-1896), évêque de Montréal. Le 27 janvier 1904, le diocèse de Joliette est érigé et Mgr Joseph-Alfred Archambault (1859-1913) devient le premier évêque (27 juin). Dès cette date, le presbytère paroissial est converti en palais épiscopal.

En avril 1906, l’évêché est agrandi par l’addition d'une aile dont la façade excède celle du bâtiment d’origine. Architecte et entrepreneur : Alphonse Durand (1858-1937); caractéristiques : 48 pi x 75 pi, trois étages, avec soubassement; revêtement extérieur : pierre à bossage et pierre de taille; toit à quatre versants, recouvert de tôle. Au-dessus du nouveau portique, formé de deux balcons soutenus par quatre colonnes, s’élève une tourelle qui modifie l’aspect de l'édifice. Au flanc droit du palais épiscopal, on ajoute une serre (abside à pans coupés). Au premier étage se trouvent la chapelle privée de l’évêque et son salon, au deuxième, ses appartements privés et au troisième, des chambres destinées aux visiteurs. Le soubassement est occupé par les religieuses des Saints Cœurs de Jésus et de Marie. La nouvelle aile comprend un réfectoire, les bureaux de l’administration (premier étage) et les appartements des prêtres de l'évêché (deuxième et troisième étages). Un passage couvert relie désormais l’évêché à la sacristie de la cathédrale.

Au printemps 1922, Mgr Guillaume Forbes (1865-1940), deuxième évêque de Joliette fait construire une annexe en brique à l’arrière du bâtiment d’origine. Entrepreneur : Emery Durand; caractéristiques : 37 pi x 65 pi; deux étages, avec soubassement; revêtement extérieur : brique; toit plat. Cette nouvelle aile comprend une résidence pour les religieuses des Saints Cœurs de Jésus et de Marie, une bibliothèque, une voûte et une salle de réunion pour le Chapitre. Cette aile de brique est agrandie en 1951-1952. Entrepreneur : Lucien Durand; caractéristiques : 37 pi x 27 pi; trois étages, ajout d’un étage à la partie existante; revêtement extérieur : brique; toit plat. L’aile a été démolie au printemps 2017.

En juin 1928, des travaux d’infrastructures sont effectués sur le site de l’évêché : trottoirs, système d’égout, peinture extérieure. Lors de ces travaux, des vestiges de la façade de la première église de Joliette sont découverts dans le parterre de l’évêché.

En avril 1953, d’importants travaux de réfection sont effectués sur l’ensemble du bâtiment. Architectes : René (1881-1969) et Gérard (1907-1999) Charbonneau, en collaboration avec le Père Wilfrid Corbeil, C.S.V. (1893-1979); entrepreneur : Lucien Durand. Pour cette raison, la majorité des services de l’évêché doivent être relocalisés au sous-sol de la cathédrale et dans la sacristie. Il s’agit des premiers travaux d’importance depuis 1906 : toiture, système électrique, système de chauffage, protection contre les incendies (gicleurs automatiques), ascenseur, plâtre et peinture, etc. Une nouvelle passerelle est construite entre l’évêché et la cathédrale. En septembre, on procède à la démolition des galeries, des colonnes et du dôme qui ornent le bâtiment d’origine. La façade de l’évêché sera remodelée d’après un plan de Wilfrid Corbeil, dans un style très épuré, beaucoup plus moderne. Au mois de novembre 1953, les travaux de réfection sont presque terminés : les deux perrons de la façade ont été refaits et on termine la pose de la pierre du passage entre l’évêché et la cathédrale.

En 1958-1959, on procède au réaménagement du parterre de l’évêché et à l’ouverture des terrains de stationnement de la cathédrale.

En 2017, suite à la démolition de la partie arrière de l’évêché (aile de brique), des travaux de réfections sont effectués au bâtiment d’origine construit en 1880.

Références

Archives du diocèse de Joliette (ADJ).

Archives de la Société d’histoire de Joliette-de Lanaudière (ASHJL).

Archives des Clercs de Saint-Viateur du Canada (ACSVC).

La Gazette de Joliette, L’Étoile du Nord (Joliette) et L’Action populaire (Joliette).

CANADA. AGENCE PARCS CANADA. Lieux patrimoniaux du Canada : Évêché de Joliette, (page consultée le 14 août 2013).

QUÉBEC. MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS. Répertoire du patrimoine culturel du Québec : Évêché de Joliette, (page consultée le 14 août 2013).

SAINT-CHARLES-BORROMÉE (paroisse). Bulletin paroissial. Édition du centenaire de Saint-Charles-Borromée, 1843-1943, 31e année, nos 10-11, octobre-novembre 1943.

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